MondeRéservé aux membres 25/06/20262Ajouter aux favoris

Pendant que l'Occident débat de réformes pastorales pour rejoindre les hommes, le Brésil répond par les pieds : 1,2 million de pèlerins masculins, un record. Un signal que l'Église universelle ne peut ignorer.
Le Brésil abrite la plus grande communauté catholique du monde - environ 125 millions de fidèles selon le recensement IBGE 2022 - mais elle est travaillée depuis deux décennies par l'expansion des Églises évangéliques et pentecôtistes. Un événement de masse tenu le 11 avril 2026 mérite aujourd'hui d'être mis en lumière : il illustre une vitalité catholique populaire que le monde occidental a trop tendance à ignorer.
Le samedi 11 avril 2026, près de 1,2 million d'hommes ont participé à la 456e Marche-Pèlerinage vers le sanctuaire de Notre-Dame de la Peña, reliant la ville de Vitória au haut lieu de dévotion mariale, dans l'État de l'Espírito Santo. Cet événement annuel, né d'une initiative de laïcs catholiques, rassemble depuis plusieurs années des centaines de milliers d'hommes dans une expression de foi publique, sobre et priante. L'édition 2026 a établi un record de participation. Les marcheurs viennent de tout le pays, certains parcourant plusieurs centaines de kilomètres à pied.
L'AED - Aide à l'Église en Détresse - souligne que ce type de rassemblement masculin de masse, centré sur la Vierge Marie, est sans équivalent dans le monde catholique occidental.
Dans un pays où les femmes représentent la majorité des pratiquants catholiques réguliers, ce rassemblement masculin massif est un fait pastoral remarquable. Il confirme que la dévotion mariale, loin d'être anachronique, continue de structurer une identité catholique populaire d'une vitalité que les observateurs extérieurs peinent à mesurer.
Le Concile Vatican II rappelle dans Lumen Gentium (n. 65) la place de Marie dans le mystère du Christ et de l'Église : elle est « le signe d'espérance certaine et de consolation pour le peuple de Dieu en pèlerinage ». Ce pèlerinage brésilien incarne littéralement cette dimension : des hommes ordinaires qui manifestent par leur corps ce que la foi catholique confesse par la bouche.
Tandis que les catholiques européens s'interrogent sur la manière de rejoindre les hommes qui ont déserté les pratiques religieuses, l'Église brésilienne populaire répond par un fait brut : 1,2 million d'hommes en marche, sans dispositif pastoral complexe. Cette forme d'évangélisation masculine mérite l'attention des responsables pastoraux qui cherchent à renouveler la présence catholique dans l'espace public.
Ce rassemblement ne doit pas être idéalisé. Le catholicisme populaire brésilien est aussi marqué par un syncrétisme persistant, et les chiffres de départ vers les Églises évangéliques demeurent préoccupants. La conversion de la ferveur populaire en formation doctrinale et en engagement durable reste un défi de premier ordre. Mais l'ampleur de cette marche du 11 avril démontre que la foi catholique n'est pas condamnée à la marginalité dans les sociétés modernes - à condition de ne pas renoncer à ses formes d'expression propres.
« Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Marcher physiquement vers Notre-Dame est un acte qui engage le corps tout entier. Que cet exemple brésilien encourage les initiatives de pèlerinage masculin en France et en Europe, là où elles émergent.
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1,2 million d’hommes qui marchent, et nous on est encore en réunion pour savoir comment « rejoindre les hommes »… La foi, ça se fait avec les pieds, pas avec des powerpoints.
1,2 million d'hommes à pied, ça fait réfléchir... Chez nous, on discute beaucoup, mais eux, ils marchent. C'est peut-être ça, la vraie réponse.