EuropeRéservé aux membres 23/06/20263Ajouter aux favoris

Le 23 juin 2016, 51,9 % des Britanniques votaient pour quitter l'Union européenne. Dix ans plus tard, ni les Britanniques ni l'Europe ne célèbrent. Le bilan invite à une question plus profonde : que voulons-nous de l'Europe ?
Le 23 juin 2016, 51,9 % des Britanniques votaient pour quitter l'Union européenne. Dix ans plus tard, ni les Britanniques ni les Européens ne célèbrent. Le premier ministre sortant Keir Starmer avait engagé un processus de rapprochement avec l'UE, mais un retour complet dans l'Union n'est pas à l'ordre du jour.
Quatre premiers ministres se sont succédé au Royaume-Uni depuis le référendum : Cameron (démissionnaire au lendemain du vote), May, Johnson, Starmer. Le Royaume-Uni et l'UE sont, note La Croix le 23 juin 2026, "sur le chemin d'un timide rapprochement." Une majorité de Britanniques regrettent le Brexit selon les sondages.
Le Brexit n'a pourtant pas résolu les problèmes qui l'avaient engendré. Ni l'immigration, ni le coût de la vie, ni le sentiment de dépossession démocratique ne se sont améliorés de façon décisive depuis 2016. "L'ombre du Brexit continue de planer sur la vie politique britannique", note Le Figaro, sans que personne ne veuille d'un retour complet dans l'UE.
Le principe de subsidiarité, formulé par Pie XI dans Quadragesimo Anno (1931, § 79) et développé par Jean-Paul II dans Centesimus Annus (n. 48, 1991), n'est pas un argument nationaliste : c'est une exigence de bonne gouvernance. Les décisions doivent être prises au niveau le plus proche des personnes concernées, et ne remonter que lorsque le niveau inférieur est insuffisant.
Cette architecture institutionnelle, l'Union européenne l'affiche dans ses textes fondateurs tout en centralisant les décisions à Bruxelles. L'écart entre le principe et la pratique est précisément ce que le vote de 2016 a sanctionné - maladroitement, mêlé d'identitarisme, mais pas sans fondement. Le Brexit est en partie un vote pour la subsidiarité, non conceptualisé, mais réel.
L'élargissement en cours - Ukraine, Balkans occidentaux - pose la même question à grande échelle : peut-on étendre l'Union sans réformer ses structures de gouvernance ? La réponse conditionne la crédibilité du projet européen pour la prochaine génération.
Les catholiques européens ont ici un rôle particulier. Porter l'exigence de subsidiarité dans le débat public, là où elle est le plus souvent absente ou mal comprise, c'est contribuer à une Europe qui respecte les personnes et les communautés intermédiaires, conformément à la doctrine sociale de l'Eglise.
Le Brexit est un échec partagé. Il révèle à la fois les limites d'une construction européenne trop éloignée des citoyens, et la difficulté d'un peuple à poser les bonnes questions dans le bon cadre. La sortie n'a produit ni les bénéfices escomptés par le camp Leave, ni les catastrophes annoncées par le camp Remain. Une dépossession sans gain net.
Keir Starmer quitte le pouvoir sans avoir résolu la question posée en 2016. Le rapprochement amorcé restera superficiel s'il ne répond pas aux questions de fond sur la légitimité démocratique de la construction européenne.
Dix ans après, que voulons-nous de l'Europe ? La question ne se pose pas qu'au Royaume-Uni. Elle interpelle chaque citoyen européen qui perçoit un écart entre les décisions de Bruxelles et les réalités de sa vie quotidienne.
La doctrine sociale de l'Eglise offre un cadre de discernement que les débats séculiers ignorent. Les catholiques engagés ont la responsabilité de le faire entrer dans le débat - pas comme argument de parti, mais comme exigence de raison et d'humanité.
La part des voix en faveur du Leave lors du référendum du 23 juin 2016. Sur 33 millions de votants, un demi-million de voix a suffi à engager une rupture historique de dix ans.
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