FranceRéservé aux membres 23/06/20261Ajouter aux favoris

La motion de rejet de la loi sur l'euthanasie a été repoussée à l'Assemblée nationale. La dernière ligne droite est franchie : le vote décisif est imminent, malgré une mobilisation citoyenne inédite dans plus de cinquante villes et les réserves exprimées par le premier ministre Bayrou.
Nous avions suivi chaque étape du dossier « aide à mourir » depuis son introduction à l'Assemblée nationale. Le 23 juin 2026 marque un tournant : la motion de rejet a échoué, la loi entre dans sa phase de vote décisif, et François Bayrou lui-même exprime des réserves de fond - tandis que les Pays-Bas viennent de pratiquer leur première euthanasie sur un enfant de moins de 12 ans.
La motion de rejet de la loi sur l'aide à mourir a été repoussée à l'Assemblée nationale (Le Salon Beige, 23 juin 2026). Dans le même temps, plus de cinquante villes françaises ont connu des mobilisations simultanées sous le mot d'ordre « Nos mourants ne sont pas des encombrants » (Le Salon Beige, 23 juin 2026). François Bayrou, premier ministre démissionnaire et président du MoDem, a adressé au collectif organisateur de la manifestation du 28 juin un texte où il souligne que « la prise en charge par le système de santé de la mort pose une question éthique fondamentale sur ce que doit faire une société juste quand un de ses membres souffre » (France Catholique, 23 juin 2026). Enfin, Le Figaro du 23 juin révèle qu'aux Pays-Bas, une première euthanasie d'un enfant de moins de 12 ans a été pratiquée : la réglementation hollandaise autorise cette pratique depuis 2024 pour les mineurs de 1 à 12 ans atteints de maladies incurables.
La question posée est précisément celle que Jean-Paul II tranchait dans Evangelium Vitae (n°65) : les lois qui permettent et favorisent l'euthanasie sont, écrit-il, « radicalement opposées non seulement au bien de la personne, mais au bien commun ». L'aide à mourir ne relève pas d'un droit subjectif : elle implique une décision de la société sur les vies qui méritent d'être accompagnées. La formulation « aide à mourir » est un euphémisme construit pour masquer que le droit naturel reconnaît à tout homme une mort naturelle accompagnée, non provoquée. Le Catéchisme est formel : « Quelle que soient les motifs et les moyens, l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable » (CEC n°2277).
Le cas néerlandais est un avertissement concret. La « pente glissante » n'est pas une rhétorique : c'est une trajectoire légale documentée, de l'adulte consentant à l'enfant de moins de 12 ans, en moins de dix ans d'application.
Le documentaire « Anesthésia » de Damien Boyer, en salles le 24 juin 2026, offre un contrepoint culturel puissant. La Croix décrit comment il montre la puissance des soins palliatifs comme réponse à la souffrance - la médecine du non-abandon, par opposition à la médecine de l'élimination. C'est la voie que l'Église propose depuis Samaritanus Bonus (2020), instruction de la Congrégation pour la doctrine de la foi : accompagner jusqu'au bout, jamais supprimer.
Les réserves de Bayrou sont notables mais insuffisantes : il n'a pas annoncé de vote contre la loi. La mobilisation citoyenne, réelle et courageuse, reste sans réponse institutionnelle forte. L'Épiscopat français doit accentuer sa présence dans le débat public avant le vote décisif. L'argument des soins palliatifs, trop peu financés, est systématiquement écarté par les partisans de la loi.
« Dieu est le maître de la vie depuis son commencement jusqu'à son terme » (CEC n°2318). Participer à la manifestation du 28 juin 2026 à Paris, contacter son député avant le vote, soutenir financièrement un service de soins palliatifs local : trois actes concrets de résistance spirituelle et civique face à une loi qui engage la conscience de tout catholique.
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