FranceRéservé aux membres 25/06/20262Ajouter aux favoris

Nous avions signalé la loi néerlandaise étendant l'euthanasie aux enfants de moins de 12 ans. La première mort d'un enfant sous ce cadre légal vient d'être enregistrée. Le vote français est prévu pour le 30 juin.
Nous avions signalé, dans ce fil, l'extension de la loi néerlandaise sur l'euthanasie aux enfants de moins de 12 ans, entrée en vigueur en 2023. Cette décision avait constitué un seuil symbolique majeur dans l'évolution du droit européen sur la fin de vie. Aujourd'hui, ce seuil est franchi dans les faits : la première mort d'un enfant de moins de 12 ans dans ce cadre légal a été officiellement enregistrée aux Pays-Bas, selon Catholic News Agency (25 juin 2026). La coïncidence avec le calendrier législatif français - vote solennel à l'Assemblée nationale prévu pour le 30 juin - n'est pas anodine.
Selon les données publiées par la Commission de contrôle de l'euthanasie néerlandaise, un enfant de moins de 12 ans a été euthanasié dans les conditions prévues par la loi : maladie incurable, souffrances jugées insupportables, consentement parental et avis médical conforme. L'identité et le diagnostic précis ne sont pas rendus publics pour préserver l'anonymat de la famille. En France, le texte en cours de vote ne prévoit pas l'euthanasie des enfants. Mais il établit un principe - le droit de mourir assisté pour les adultes atteints d'une maladie grave et incurable - dont l'extension progressive, à la lumière de l'expérience belge et néerlandaise, est structurellement prévisible. Le vote solennel est inscrit au 30 juin 2026. La Société française des soins palliatifs (SFAP) maintient son opposition ferme au texte.
Evangelium Vitae (Jean-Paul II, 1995, n. 65) définit l'euthanasie comme « une action ou une omission qui, de sa nature ou dans l'intention, provoque la mort dans le but de supprimer la douleur » et la qualifie de « grave violation de la loi de Dieu ». Le CEC (n. 2277) précise qu'elle est « moralement inadmissible ». La spécificité de l'euthanasie pédiatrique tient à ce que le consentement ne peut, par définition, provenir de l'enfant lui-même en deçà d'un certain âge : c'est le consentement parental qui se substitue, créant une fiction juridique que la loi naturelle ne peut valider. L'enfant, sujet de droits inaliénables (can. 1136 ; Déclaration des droits de l'enfant, 1959), devient l'objet d'une décision prise en son nom - fût-ce avec les meilleures intentions du monde.
Ce premier décès néerlandais n'est pas anecdotique : il confirme que la logique d'extension progressive des atteintes à la vie - que Evangelium Vitae (n. 17) décrit comme caractéristique de la « culture de mort » - n'est pas un argument rhétorique mais une réalité empirique. La France regarde les Pays-Bas comme un modèle depuis vingt ans sur ces questions. Les parlementaires catholiques qui voteront le 30 juin doivent aujourd'hui intégrer ce précédent dans leur décision : non pour céder à la peur, mais pour mesurer la trajectoire réelle du droit qu'ils s'apprêtent à inscrire dans la loi.
Les partisans de la loi française arguent que le cadre légal français est plus restrictif que le modèle néerlandais et qu'une telle extension est impossible à court terme. C'est méconnaître la dynamique parlementaire : en Belgique, l'euthanasie des mineurs a été légalisée en 2014, douze ans après la légalisation pour les adultes (2002). Chaque extension se présente comme une « exception humaine » jusqu'à ce qu'elle devienne la règle. La SFAP a raison de pointer ce risque. Nommons-le clairement, sans catastrophisme, mais sans euphémisme.
« Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas » (Mc 10, 14). La mort d'un enfant néerlandais, sous couverture légale, nous interpelle à cinq jours du vote français. Il est encore temps d'écrire à son député, de signer les pétitions, de prier. L'Église n'abandonne pas les mourants : elle les accompagne. C'est cela, la vraie réponse à la souffrance.
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C'est glaçant. On parle d'un enfant, pas d'une loi à tester. Où est la protection des plus vulnérables ?
C’est terrible, un enfant… On se dit que c’est un cas exceptionnel, mais jusqu’où ça va aller ?
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