FranceRéservé aux membres 26/06/20260Ajouter aux favoris

À quatre jours du vote solennel du 30 juin, la France catholique et pro-vie se mobilise place Fontenoy pendant que l'Assemblée s'apprête à graver dans la loi un droit à mourir que Guillaume Bernard analyse comme le fruit empoisonné de l'idéologie des droits de l'homme.
Le 30 juin, l'Assemblée nationale votera le projet de loi sur l'aide à mourir. Texte verrouillé depuis la seconde délibération, non amendé, il doit franchir le scrutin solennel en fin de semaine. À quatre jours du vote, deux signaux contradictoires traversent le débat : la rue se mobilise, et trois députés de la gauche plurielle annoncent leur hostilité à la loi.
Le 28 juin, place Fontenoy à 16h, une grande manifestation nationale est convoquée par les associations pro-vie et les soignants opposés au texte. La Société française des soins palliatifs (SFAP) maintient son opposition. Trois députés de gauche - contre la tendance de leur groupe - rejoignent publiquement le camp des opposants. Le politologue catholique Guillaume Bernard formule ce que la plupart des catholiques ressentent sans l'avoir conceptualisé : c'est l'idéologie des droits de l'homme, dans sa version absolue et déchristianisée, qui a préparé le terrain à la légalisation de l'euthanasie. Une tribune le résume sans détour : "une loi au forceps, sans débat".
La thèse de Guillaume Bernard n'est pas neuve, mais elle est juste. L'Église l'a dit avant lui. Evangelium Vitae (n. 18-20) analyse comment une certaine conception des droits individuels, coupée de son fondement objectif, peut se retourner contre la vie. La liberté, sans l'ancrage dans la loi naturelle, devient le droit de disposer de soi jusqu'à la mort. Le Catéchisme rappelle que la vie est un don, non une propriété : "Nous sommes les intendants, non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n'en disposons pas" (CEC, n. 2280). Ce que la loi s'apprête à consacrer, c'est précisément ce que l'Église a toujours refusé : l'idée qu'un acte de mort puisse être un acte de soin.
La résistance n'est pas terminée. Que trois députés de gauche brisent la discipline de vote montre que la conscience individuelle résiste encore à l'hégémonie idéologique. La manifestation du 28 juin est une occasion de visibilité que les catholiques et les soignants engagés ne doivent pas manquer. Après le vote, quelle que soit l'issue, l'Église devra accompagner les consciences soignantes dans l'objection de conscience et soutenir les maisons de soins palliatifs contre toute pression institutionnelle.
La loi ne passera pas sans contraintes pratiques. L'objection de conscience des médecins est reconnue dans le texte, mais la pression institutionnelle sur les établissements publics reste entière. La logique des "droits" appliquée à la mort creuse aussi une question que personne ne veut poser : si l'autonomie est absolue, au nom de quoi fixer une limite d'âge ? Les Pays-Bas n'en ont plus : c'est la démonstration que la pente est sans fond.
"Dieu seul est le Seigneur de la vie depuis son commencement jusqu'à son terme" (CEC, n. 2258). Manifester le 28 juin, soutenir les soins palliatifs, accompagner les soignants en conscience : trois actes concrets pour les prochains jours.
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Aide à mourir : le référendum bloqué, l'Assemblée dans la semaine du vote