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Pour la troisième fois, l'Assemblée nationale a adopté le texte instaurant un « droit à l'aide à mourir ». L'archevêque de Paris appelle à « renoncer à ce chemin ». L'Église catholique entre dans une phase de résistance institutionnelle que la loi rend désormais nécessaire.
Nous avions suivi pas à pas le cheminement de ce texte : les manoeuvres parlementaires, la mobilisation catholique tous azimuts, l'appel solennel du cardinal Sarah et de l'épiscopat, le vote des commissions mixtes, les reculades et les avancées. Le 30 juin 2026 marque la date que redoutaient ceux qui refusent de confondre la mort donnée avec la mort accompagnée : l'Assemblée nationale a adopté le texte instaurant un « droit à l'aide à mourir » pour la troisième et dernière fois. La loi est désormais adoptée.
Le vote solennel a eu lieu le 30 juin 2026. Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée, a salué « l'aboutissement » des débats. Le texte institue un droit à l'aide à mourir pour les majeurs atteints d'une maladie grave et incurable, en phase avancée ou terminale, provoquant des souffrances réfractaires. La clause de conscience individuelle est maintenue - mais les établissements de soins ne pourront pas s'y opposer collectivement. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, a répondu en appelant solennellement à « renoncer à ce chemin ». Génethique rapporte que des voix médicales continuent d'affirmer que « soins palliatifs et euthanasie sont incompatibles et inconciliables » - une distinction que la loi efface méthodiquement.
L'Église n'a pas varié. Evangelium Vitae (Jean-Paul II, 1995, n. 65) est explicite : « L'euthanasie est une grave violation de la loi de Dieu, en tant qu'elle constitue une mise à mort délibérée moralement inacceptable d'une personne humaine. » Le Catéchisme de l'Église catholique réaffirme que « Quelles qu'en soient les motivations et les moyens, l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable » (CEC 2277). La notion de « souffrance réfractaire » comme critère d'accès à la mort provoquée constitue une porte dont nul ne peut garantir qu'elle restera étroite. L'histoire belge et néerlandaise le démontre avec une régularité accablante.
La clause de conscience individuelle est une victoire partielle. Mais l'impossibilité pour un établissement de soins catholique de refuser collectivement l'acte constitue une atteinte grave à la liberté institutionnelle de l'Église. C'est le prochain front. Les établissements catholiques - FEHAP, Petites Soeurs des Pauvres, maisons de retraite confessionnelles - devront définir leur ligne de résistance canonique et juridique. Les soignants catholiques, eux, font face à une pression professionnelle qui ne fera que croître.
Que la présidente de l'Assemblée salue « l'aboutissement » des débats dit tout d'une vision du politique qui confond l'irréversible avec le définitif. Une loi peut être abrogée. Ce qui est moins réversible, c'est l'habituation des consciences. C'est là le vrai danger : non la loi en elle-même, mais la normalisation progressive qui s'ensuivra. L'appel de Mgr Ulrich est juste - mais il sera jugé sur les actes qui le suivront. La parole épiscopale doit maintenant se traduire en accompagnement concret des soignants, des familles et des établissements.
« La mort n'a pas le dernier mot » (Rm 8, 38-39). Pour le fidèle, la réponse à cette loi n'est pas le découragement, mais l'engagement. Soutenir les maisons de soins palliatifs, accompagner les proches mourants, former sa conscience aux distinctions que la loi brouille volontairement : c'est la vocation concrète des catholiques face à cette nouvelle réalité juridique. Les évêques ont dit non. À chacun de donner corps à ce refus.
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La loi passe, mais dans mon village, personne n’en veut.
C’est souvent comme ça : les lois s’écrivent loin des villages, mais c’est là qu’on voit si elles tiennent debout.
Chez nous en Bretagne, on a toujours refusé qu’on nous impose des lois qui contredisent nos traditions. Aujourd’hui, c’est pareil : une loi venue de Paris ne changera pas ce qu’on vit depuis des siècles.
En Bretagne aussi on a nos traditions, mais on sait que la foi, elle, ne change pas. Une loi de Paris ne fera pas taire nos églises.
C’est bien joli de parler de soin de l’âme, mais quand on voit un proche souffrir sans espoir, c’est dur de ne pas se demander si on a le droit de le laisser comme ça.
C’est bien beau de parler d’aide à mourir, mais pourquoi on ne met pas plus d’argent dans les soins palliatifs ? Ça éviterait à des gens de demander ça par désespoir.
C’est vrai, ça ! On parle d’aide à mourir, mais les services de soins palliatifs, ils sont toujours en sous-effectif. Un peu d’argent là-dedans, et beaucoup de gens n’auraient même pas à se poser la question.
On nous parle de dignité de la vie, mais c’est quoi la dignité quand on attend 6 mois pour un rendez-vous en gériatrie ? L’Église ferait mieux de se battre pour ça aussi.
C’est bien joli de parler de compassion, mais où est la vraie miséricorde quand on donne la mort ? Ma belle-sœur infirmière voit déjà des pressions sur les patients.
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